Carmel de Marseille

C’est sur les conseils du Père Louis de Sainte-Thérèse, Provincial des carmes d’alors, que s’est fait la fusion  du premier monastère de Marseille (Belle de Mai) fondé en 1623, trop vieux et trop incommode, avec celui de Nîmes, plus récent (1843) mais dont la vie de silence et d’oraison risquait d’être perturbée par les projets de la municipalité qui prévoyait de hauts immeubles tout près du monastère.

Un petit retour sur le passé

Le carmel de Nîmes a été voulu par le Père Emmanuel d’Alzon,  alors vicaire général ; il en fut le fondateur et le principal donateur car il désirait l’aide priante des carmélites pour la ville de Nîmes « boulevard du protestantisme » et pour ses projets personnels (la création de la congrégation des Augustins de l’Assomption.) grâce à lui, le monastère fut construit dans une vaste propriété ayant appartenue à la famille d’Alphonse Daudet. En 1883, il fonde le carmel de Mende.

En 1901, les carmélites partent en Italie  et s’installent à Florence. Le retour à lieu en 1919 ; les liens avec le carmel de Florence leur vaut de recevoir, lors de la béatification de Sœur Thérèse-Marguerite Redi en Juin 1929, le manteau blanc en soie avec lequel le corps de la sainte fut enseveli pendant 124 ans. Pendant la construction du nouveau carmel de Marseille, elles accueillent la communauté de la Belle de Mai. Le carmel de Nîmes ferme en 1972.

Le carmel de Marseille (Belle de Mai) a été fondé par Lyon le 29 mars 1623 et dédié à sainte Madeleine au pied de la croix. Fondation très vivante qui dès1625, peut fonder le carmel d’Aix-en-Provence. Mais survient la Révolution, et en 1782, le 23 septembre, la communauté est dispersée ; 18 sœurs peuvent trouver refuge en Italie, 3 dont la prieure, Marie-Madeleine de Jésus, en Espagne.

Ce n’est que 40 ans après cette dissolution, que le carmel se reconstitue, grâce à Mgr Charles de Mazenod qui les rappelle dans le diocèse. Cette restauration fut l’œuvre des 2 fondatrices du carmel de Ferney-Voltaire fermé pendant la Révolution et réfugiées à Aix. Le 1er octobre 1832 les sœurs arrivent à Marseille, 7 Avenue Gouffé, puis en 1837, dans leur nouveau monastère, Boulevard Longchamps. Le développement de la Communauté permet la fondation du carmel d’Aubagne (1844), qui ferme en 1848 et crée à son tour le 2ème carmel de  Marseille (Ste Marguerite), et permet aussi d’aider de 1840 à 1881 le carmel des Vans.

29 juin 1864  la municipalité exigeant la vente du monastère pour établir le palais de Longchamps la Communauté déménage vers le quartier de saint Barthélémy appelé plus tard Belle de Mai.

 Les lois antireligieuses de 1901 obligent à un nouvel expatriement, les 15, 30 juillet, 6 Août 1903  cette fois-ci vers l’Egypte (Ramleh près d’Alexandrie). Retour en France le 10 octobre 1912.

Pendant la guerre de 40-45, nouvel exil intérieur cette fois : 14 juin 44 Valgorge (Ardèche) puis recherche d’un lieu dans la Drôme : Romans, Saint Bonnet de Valclérieux, Maubec près de Montélimar (11 août 1945). Retour à Marseille le 10 octobre 1945, quelques sœurs restant à Maubec  avec la perspective de fonder le 2ème carmel de Montélimar, lequel sera transféré à Fribourg (Middes1969) puis à Develier (1980)

Le carmel de Marseille a une longue histoire d’accueil de communautés exilées ou de passage : carmélites de Bethléem réfugiées de 1915 à 1919, de Nazareth en 1919, quelques-unes de Guadalajara (Espagne) en 1936 ; passage de sœurs dont la plus célèbre fut sr Marie de Jésus Crucifié qui partait fonder les carmels de Mangalore (1870) et de Bethléem (1875)

Le 20 mai 1970  le carmel de la Belle de Mai ferme ses portes, part à Nîmes en attendant la fin de la construction du nouveau monastère sur la colline de Montolivet 81, Chemin d’Oule, fruit de la vente des monastères de Nîmes et de Marseille « Belle de Mai » et de la fusion des 2 communautés. Il est mis sous la juridiction de l’Evêque, et a  comme titulaire Notre-Dame du Mont Carmel.

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